Pour l’émergence d’une économie collaborative et coopérative

Chronique de Thomas Zucchelli sur Le Journal Du Net du

Derrière ces deux mots lexicalement proches se cachent pourtant des mouvements historiques, des analyses théoriques, des figures et des enjeux différents. Alors que l’économie collaborative est actuellement en pleine expansion, notamment grâce à la démocratisation des nouvelles technologies, l’économie coopérative, plus anciennement structurée, fait un retour sur le devant de la scène politique et économique depuis la crise des subprimes de 2008.

Assumant leurs logiques de transformations plus ou moins radicales des modèles économiques libéraux classiques, ces deux économies couplées pourraient changer profondément notre façon de commercer et plus encore la société dans son ensemble…

1. L’Economie collaborative : la puissance de la communauté alliée à l’efficacité numérique

Prenons tout d’abord l’économie collaborative, qui est actuellement au cœur de nombreux débats et intérêts de la sphère économique. Le point fort de cette économie réside dans son fonctionnement qui permet de fédérer des acteurs partageant les même valeurs afin et de baisser drastiquement les coûts des services offerts. Le secteur collaboratif est basé sur une structuration plus horizontale les relations en direct entre particuliers (vente ou échange de services), ou entre particuliers et entreprises (pour le financement participatif). Avec des sociétés fer de lances comme Blablacar (2006), Le Bon Coin (2006), Air BnB (2008), Ulule (2010), ou encore avec Uber (arrivé fin 2011 en France), l’économie collaborative a fait une entrée en force dans la vie des consommateurs. Devenus de réels “consom’acteurs” et pour certains de vrais auto-entrepreneurs, de nombreux français sont désormais au fait de cette économie : de ses rouages, de ses bons-plans, mais aussi de ses arnaques… Louise Pharabod nous dresse une typologie de ce secteur dans son article « L’économie collaborative ».
Avec l’aide de la FrenchTech et d’autres programmes économiques poussant à l’émergence de géants français du numérique, les pouvoirs publics locaux et nationaux se sont fortement engagés pour une révolution numérique dans le monde de l’entreprise. Le gouvernement semble vouloir permettre le changement d’échelle de ces nouvelles pratiques en légiférant en faveur d’un code du travail plus souple, permettant d’ouvrir le champ aux revenus additionnels.  Un développement qui pose question. Certains secteurs économiques bien en place ou en situation de quasi-monopole voient ces transformations d’un mauvais œil. Les taxis parisiens vent debout contre les VTC à l’hiver 2014 avaient alors bloqué la ville pour inciter le gouvernement à légiférer face à une concurrence qu’ils estiment déloyale. Mobilisation telle que le ministère de l’économie envisagerait finalement de taxer, comme une activité économique, les prestations effectuées par des individus via des plateformes collaboratives. Mais au-delà de ce front de discorde, certaines critiques émergent sur le mouvement de « dé-salarisation » qu’entraine cette économie et donc la remise en cause d’acquis liés à l’exercice d’un emploi encadré par le droit du travail…

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