Ouishare et France Barter : zoom sur ces plateformes qui placent l’humain au cœur de leurs relations numériques.

Etude sur la gouvernance 

Ouishare est un think-and-do-tank sur l’économie collaborative créé en 2012.

En 2016 avec Marguerite Grandjean et en partenariat avec Credit Cooperatif, Groupe UP et MAIF, Ouishare a souhaité faire une recherche sur la notion gouvernance des plateformes et est partie à la rencontre de 40 plateformes numériques qui ont pour point commun une préoccupation : comment gérer le partage de valeur et de pouvoir avec leurs utilisateurs ?

Les plateformes interrogées ont été classées en fonction de leur degré d’intermédiation. D’un côté les places de marché qui mettent en relation les utilisateurs (BlablaCar etc.). De l’autre, les modèles décentralisés où les utilisateurs gèrent et maintiennent les plateformes sans intermédiaire (Blockchain). Et entre les deux, les modèles hybrides et intégrés, qui proposent un service complémentaire à la place de marché (La Ruche qui dit Oui!, France Barter etc.).

Source : Ouishare, Mars 2017, Rapport Final Gouvernances

Le digital pose les fondements d’une nouvelle économie, qui donne lieu à un renouveau de la chaîne de production, qui n’est plus linéaire mais organisée en réseau. Aujourd’hui, la majorité des plateformes numériques innovent en changeant la nature des parties prenantes en aval de la chaîne de valeur. Les utilisateurs fournissent eux même leurs ressources, en mettant en location leur propre maison sur Airbnb par exemple.

Mais chez France Barter nous changeons en amont la nature des relations entre entreprises. A travers un réseau multicanal permettant aux acteurs économiques de toutes tailles et de tous secteurs d’accéder à un mode transactionnel collaboratif basé sur l’échange, les rapports entre fournisseurs, clients et partenaires, fédérés au sein d’un même réseau, se réinventent.

Le partage en pratique – France Barter

A travers ces plateformes d’échanges il y a une prise de conscience de l’importance des utilisateurs dans la création de valeur. Et en découle une nouvelle façon de manager : aujourd’hui les entreprises écoutent davantage les communautés, leur donnent la parole et pour certaines du pouvoir. Samuel Cohen, fondateur de France Barter, rappelle ainsi que les membres de la plateforme d’échanges inter-entreprises sont « au cœur du réacteur » et ont l’opportunité de co-construire leur développement en s’appuyant sur plus de 600 PME du réseau. Le choix de la forme juridique coopérative va dans ce sens, historiquement conçu pour favoriser un travail de mutualisation basé sur la confiance et le partage des valeurs.

En adoptant un statut de coopérative SCIC, France Barter partage le droit de vote parmi 5 collèges :

  • Administrateurs : SARL fondatrice, dirigeants et salariés (50% des voix),
  • Bénéficiaires : entreprises membres (20%),
  • Réseau, experts et autres soutiens (10% chacun).

En parallèle d’une logique coopérative France Barter a fait le choix de lever des fonds sous forme de titres participatifs (Wiseed, 300 000 euros, 2016). Bien que le droit de vote soit réservé aux sociétaires, l’investissement participatif permet la rémunération d’investisseurs externes au projet. Ainsi France Barter peut augmenter sa capacité de financement et le nombre d’utilisateurs potentiels tout en ne diluant pas le contrôle par les membres.

Le partage de la valeur laisse donc la place à l’expérimentation et à l’innovation permettant à France Barter d’avoir plusieurs cordes à son arc pour se développer, sans pour autant aller plus vite que la musique !

A la suite de cette étude et de passionnant débats, le collectif Ouishare a rejoint le réseau France Barter dans la catégorie Partenaire ‘réseaux’.

 

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