La Fintech qu’est ce que c’est ? Le futur de la finance

L’économie de demain et le futur de la finance ?  Article  par @JonathanTrevier
Face à des banques réticentes à financer l’économie, nous voyons l’émergence d’une nouvelle source de fonds pour les entreprises : la Fintech. Cette industrie surfe d’un côté sur la maturité de nouvelles technologies (les réseaux sociaux) et de l’autre sur un contexte économique défavorable aux entreprises. Peut-on pour autant espérer une véritable alternative au secteur bancaire ?
Un contexte favorable

La Fintech est une grande famille qui englobe à la fois le prêt aux entreprises, l’entrée au capital ou encore le financement du besoin en fonds de roulement. Toutes ces activités semblent s’attaquer à l’activité traditionnelle des banques et sont aujourd’hui rendues possibles par l’évolution des réseaux sociaux.

L’origine des Fintech se trouve en effet dans la culture web ou la collaboration est la force principale de la concrétisation de projets, dans la lignée des logiciels open source, des monnaies virtuelles ou encore des encyclopédies collaboratives. La Fintech bénéficie de la maturité de ce secteur afin de jouir de la confiance d’investisseurs particuliers et de plus en plus d’investisseurs professionnels. D’industrie de niche – lors, par exemple, de la création de MyMajorCompany – le secteur a aujourd’hui une échelle globale et a été capable de lever 3 milliards d’euros pour l’année 2013.

Étonnement, la crise bancaire de 2007 a joué un rôle positif dans la croissance du secteur en augmentant l’aversion au risque des établissements bancaires. Ainsi, malgré l’effort des banques centrales pour accroitre la liquidité et favoriser les conditions d’accès au crédit, les entreprises se sont senties sous-financées. Le crowdfunding a donc représenté une alternative aux prêts bancaires et a su prendre une part de l’activité des fonds d’amorçage de start-ups.

Une véritable concurrence pour les banques

La concurrence pour les banques est réelle, peu d’activités traditionnelles sont épargnées. Il est aujourd’hui possible d’acheter des actions, d’émettre des prêts, d’entrer au capital de start-ups, et ceci de manière désintermédiée, c’est-à-dire sans subir les frais bancaires et en se référant au marché pour fixer les prix.

Face à des politiques économiques non optimales et à la réticence de certains acteurs, nous voyons naitre un système financier parallèle avec sa propre monnaie, ses propres plates-formes d’échanges et une absence de règle typique de l’ère internet.

Une fois mature, l’offre des Fintech proposera un avantage comparatif difficilement égalable : un accès désintermédié à un marché ouvert et concurrentiel. La multiplication des acteurs permettra une plus grande efficience et une plus libre action entre l’offre et de la demande lors la fixation des prix.

Une solution à la déprime économique ?

Cette révolution a le potentiel de former une solution à la déprime économique et à l’absence de croissance. Les dernières levées de fonds montrent une volonté de financer les start-ups et l’économie de demain. Un financement ouvert et participatif est certainement beaucoup plus efficace pour détecter et accompagner les projets prometteurs qu’une banque publique d’investissement aux prises d’intérêts politiques.

La Fintech devra néanmoins adresser plusieurs défis, tout d’abord être efficace malgré l’absence de régulation. Bien que l’école libérable puisse nous laisser penser que le marché s’autorégulera, l’absence de régulation devra être prise en compte et compensée par les entreprises du secteur. Dans le cadre d’un prêt, le manque de confiance entraine une prime sur la transaction ; pour pouvoir proposer les meilleures offres, un acteur devra ainsi montrer une grande stabilité.

En second lieu, certaines activités bancaires resteront l’apanage des grandes banques d’investissement. La Fintech ne pourra par exemple prendre la place des banquiers-conseils lors de grandes opérations stratégiques (M&A…) qui nécessitent une présence physique et un accompagnement personnalisé.

Un autre grand challenge de cette nouvelle industrie sera de faire face à la multiplicité des acteurs sur le marché et à la complexité des offres proposées. Le secteur va donc rapidement avoir besoin de se consolider afin de renforcer son offre et sa lisibilité.

Enfin, ce secteur vit hors du champ d’action de la politique économique (politique monétaire en premier lieu) et présente un risque pour le politique qui perdra du pouvoir à mesure de la croissance du secteur. Il est donc possible que la plus grande menace contre cette industrie naissance ne soit la limite technologique, mais bien plutôt l’émergence d’intérêts divergents dans les sphères publiques.

Article  par @Jonathan Trevier Les echos  LE 22/08/2014

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